Affichage des articles dont le libellé est londres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est londres. Afficher tous les articles

samedi 29 août 2026

"Bons baisers d'Odessa" de SASSA, chapitre 2 (texte intégral)

 Lviv – Ukraine, 4 avril 2021

L’église Saint Volodymyr et Olga a été bâtie au cœur d’une banlieue comme l’URSS en a construit tant et plus en Europe de l’Est pendant la guerre froide. Des barres d’immeubles rigoureusement identiques séparées par de larges rues arborées. La vision du bonheur socialiste : égalité sociale et lien avec la nature. Bien des années plus tard, les offenses du temps l’ont rendue triste et laide les jours de pluie.

Il pleut souvent par ici.

Serguei Romanovitch Platov remonte un trottoir humide, les yeux rivés sur ses chaussures. Il longe sans les voir les bâtiments à la peinture décrépite et aux fenêtres déglinguées. Il ne remarque pas plus l’église pourtant massive. À sa décharge, elle a repris tous les codes de l’architecture locale. Seules ses coupoles rappellent sans ambiguïté sa vocation, mais elles sont trop hautes pour attirer son regard. Quelle importance, il n’a jamais mis les pieds dans une église. Qui sait, cela pourrait briser le gris de sa vie et la rendre plus rose. Encore faudrait-il que l’idée lui vienne. Peu de chance.

jeudi 20 août 2026

°Bons baisers d'Odessa° de SASSA, ma liberté de penser !

Je suis l'auteur de ce livre et vous ne m'interdirez pas d'y révéler les pires secrets du Kremlin !
 
Venez donc essayer, si vous l'osez !
 
Zut, ils ont osé...


 

mardi 18 août 2026

"Bons baisers d'Odessa" de SASSA, chapitre 1 (Texte intégral)

 "Odessa – Ukraine, 4 avril 2021
Ygor Sergeïevitch Menchenko figure parmi les hommes qui ont empêché la réussite du coup d’État communiste en août 1991.
À l’époque, il travaillait au 2ème bureau intérieur du KGB. Il connaissait bien et admirait le président Gorbatchev. Moins, son futur successeur.
La tentative de putsch les avait pris au dépourvu. Que certains services intérieurs du KGB puissent se faire surprendre prouvait la terrible décomposition du régime. L’Union soviétique était moribonde.
Une fois la surprise passée, il avait très vite retrouvé son professionnalisme. Il avait prévenu leurs hommes à Sébastopol en Crimée. Gorbatchev passait ses vacances dans la datcha officielle des présidents à Foros. Il leur confia la mission de l’exfiltrer vers Moscou, avec sa famille. Un échec : les putschistes étaient arrivés bien avant eux. Dès lors, sa dernière carte se nommait Eltsine. 

vendredi 14 août 2026

"Bons baisers d'Odessa" de SASSA, le prologue (Texte intégral)

 

"Le groupe quitta la base dans la froideur d’une nuit sans lune. Une vingtaine de personnes tassées à l’arrière d’un camion bâché.
Les bonnes conditions sont rarement au rendez-vous sous ces latitudes. Pourtant ce soir, la chance leur sourit. Aucune chute de neige ou blizzard. Le chauffeur put retirer ses lourdes lunettes de vision nocturne et conduire à la seule lueur des étoiles. Tous feux éteints, le véhicule traversa sans encombre l’immense plaine glacée.
Un Antonov 12 les attendait en bout de piste sur un aérodrome déserté. Ce n’était pas leur avion habituel, mais leur mission n’avait rien d’habituel. L’avion décolla sans lumière vers une destination connue seulement des pilotes.
Olena est surexcitée. Le groupe va rencontrer des scientifiques de l’autre équipe travaillant sur le Projet. Elle est très fière d’avoir été sélectionnée pour en faire partie, même si elle n’en montre rien. Son mari l’a bien vu. Lui aussi l’est pour elle. À trente ans, on partage plus qu’on envie quand on vit en couple depuis moins d’un an. Ses collègues, eux, la jalousent sans l’ombre d’un doute. S’ils n’ont rien dit, leurs yeux les ont trahis. Les hommes surtout. En URSS, le machisme prospère toujours malgré soixante-dix ans de socialisme fraternel.
Toute à son bonheur, elle ne prêta pas attention au frisson qui la traversa quand la porte en acier de la base s’était refermée derrière eux. Son esprit rejeta cette sombre prémonition. Un mauvais courant d’air, conclut-elle très vite. Cela n’y ressemblait guère, mais rien n’empiéterait sur sa joie.
 

jeudi 2 janvier 2020

Et si le Brexit était une chance pour l'Europe de la défense ?


"Le Brexit peut devenir une chance pour la construction d’une réelle défense européenne intégrée. Le départ de la Grande-Bretagne brise le lien linguistique avec l’anglais (n’en déplaise à l’Irlande et à Malte). Il met aussi un terme à des exigences tant industrielles que financières qui généraient d’insolubles entraves.

Avec le retrait des forces britanniques, et la volatilité actuelle des États-Unis, l’Europe de la défense doit bénéficier d’une promotion de chaque instant comme seul support à notre crédibilité internationale, tant face aux trublions à nos frontières comme la Russie et la Turquie, qu’à ceux plus lointains comme la Chine.

Je vous propose de soutenir ensemble une approche basée sur la langue et la cohérence des forces.

mercredi 27 septembre 2017

"Une coque grise", une nouvelle de SASSA



J’écoute sans que rien ne me choque, pourtant tout cela n’a rien d’honorable. 

Mais le service, mon service, doit montrer son utilité s’il veut que ses maitres le fassent revivre. Une mission nous a été confiée, nous devons l’exécuter, dont acte. 

Le responsable de la zone Europe de l’Ouest se met à jouer avec l’écran.

— Notre action doit empêcher la livraison de ce porte-hélicoptères aux Russes. Malgré les risques pour l’équipage et le personnel civil, il a été décidé, après accord du Premier ministre, de l’immobiliser à Saint-Nazaire en détruisant ses capacités de manœuvres. Une unité de plongeurs du Special Boat Service va fixer et faire exploser plusieurs charges sur la coque du navire. Le Major Querry, responsable de cette opération au SBS, va nous expliquer cela. Major, s’il vous plait. 

mercredi 20 septembre 2017

"Une trajectoire dorée", une nouvelle de SASSA



Quel parcours depuis l’Irlande !

Hier soir, le Premier ministre a confirmé ma nomination. Je suis le deuxième écossais à occuper ce bureau. 

J’aime la vue depuis cette fenêtre. Elle donne sur la nuit toujours brumeuse du cœur de Londres. Des lampadaires aux formes hors du temps y brillent tels des phares qui guident la barque de notre destinée.

La table en acajou et cuir burgundy vert de mon prédécesseur est restée là. Ces années ne prêtent guère aux dépenses inutiles. J’ai posé dessus un cadre au centre duquel est fixée une disquette informatique, unique souvenir de mon passé. À présent, seul l’avenir m’intéresse. 

Des ennemis nous guettent de toute part. La Russie n’a pas disparu. Le dragon chinois déploie ses ailes. Les États-Unis nous abandonnent un peu plus chaque jour. Quant à l’Europe, notre politique y a réduit considérablement notre influence et nos soutiens. 

mercredi 23 août 2017

"Vert anglais" 4/4, une nouvelle de SASSA




Un craquement bruyant accompagne la disparition du parebrise et de mon appui-tête. Le propriétaire ignorera toujours que des balles les avaient meurtris auparavant. Toutefois je doute que cela le console.

Gramokov quitte le chantier par une porte, ouverte cette fois. À nouveau, les gardes nous regardent passer l’air sidéré, à croire qu’ils n’ont jamais vu une Rolls ayant subi un relooking extrême.

De retour sur le bitume, notre Rolls, quoiqu’allégée, assure l’essentiel, elle nous maintient dans les basques de l’ex-membre du KGB.

— J’ai compris où se dirige notre homme, lancè-je à Duncan les cheveux au vent. Il faut le rattraper au plus vite.

— Je fais ce que je peux, mais je suis sidéré que cet engin roule toujours. Nous n’y arriverons pas comme ça. Je vais essayer un truc.

Il appuie sur un bouton et j’entends une série de déclics derrière nous. La capote sort de sa protection et se déploie comme une aile face au vent nous ralentissant d’un coup.

— Duncan ! C’est quoi ce truc ?


mercredi 16 août 2017

"Vert anglais" 3/4, une nouvelle de SASSA



Nous l’évitons à l’ultime seconde par la droite pendant que la police décide de prendre à gauche. Je crains qu’ils regrettent ce choix à l’issue de leur dépassement.

Usant de toute la puissance du freinage de notre carrosse, nous abandonnons une grande partie de la gomme de nos quatre pneus sur le goudron. Si dans cette somptueuse décapotable, les chevaux se montrent élégamment discrets, les disques sont diablement efficaces et nous projettent contre nos ceintures. Au dernier instant, relâchant le tout, Duncan joue du frein à main pour nous placer perpendiculairement à la route. À l’ultime seconde, écrasant l’accélérateur, il nous envoie du bon côté du rail. Enfin pas exactement, car un engin de deux tonnes ne réagit pas comme une Lamborghini de sept-cents kilos. Alors seul le sacrifice du parechoc arrière nous sauve et nous remet dans la trajectoire souhaitée. Le prince à qui nous avons emprunté la Rolls ne va pas être content — franchement pas content.

mercredi 9 août 2017

"Vert anglais" 2/4, une nouvelle de SASSA




Les deux véhicules étaient postés à la hauteur du premier carrefour en sortant de la digue. Ils nous ont pris en chasse dès que nous avons tourné à droite derrière notre ami russe. Que peuvent-ils tenter sur cet ahurissant boulevard à deux fois cinq voies ? Même dans une circulation aussi calme, une attaque en pleine ville tiendrait de l’inconscience. La police émiratie ne pardonne pas. 


— Ralentis un peu jusqu’à ce que l’un d’eux vienne à ma hauteur, Duncan.


Question ralentir, mon Lowlander ne fait pas dans la finesse et écrase d’un coup la pédale de frein. Le premier Range dans un écart sur la gauche nous évite de justesse, pendant que le deuxième se place où je l’espérais.


mercredi 2 août 2017

"Vert anglais" 1/4, une nouvelle de SASSA



L’ordre est venu de tout en haut. Autorisation de tuer à l’appui.

Éliminez Gramokov et récupérez les documents !


Deux des gardes du corps de l’ancien chef de section du KGB gisent déjà dans un recoin sombre du bâtiment. Divergence musclée de points de vue avec nous. Elle a plombé l’échange que l’ex-général soviétique envisageait. Son rendez-vous avec le conseiller de l’émir est remis à une date ultérieure. Le cousin du Roi n’aura pas la liste. Notre ami russe a pris la tangente et nous l’avons perdu de vue dans les méandres de ce labyrinthe.


L’idée de Gramokov n’était pas si mauvaise. Se servir de l’agitation causée par la visite de l’émir sur le chantier de son projet pour l’an 2000, pour remettre les documents. Cela lui assurait à la fois une certaine discrétion et une bonne sécurité. L’ensemble du personnel des lieux était en ébullition. Ouvriers, ingénieurs, invités, officiels, militaires… personne ne connaissait ses voisins. Des gardes trainaient de partout, l’œil aux aguets soupçonnant tout un chacun et la nécessité d’emprunter la digue reliant l’ile artificielle à la côte interdisait d’approcher sans autorisation d’accès.


mercredi 12 juillet 2017

"Soleil noir", une nouvelle de SASSA



Coincé entre deux hommes d’affaires dans ce vol pour Tokyo, je rêve d’un verre.

Le Japon, l’émissaire du général Gramokov y a été vu. Il prendrait des contacts avec les Yakuzas, la pègre locale. Les tractations qu’il menait avec la baronne sur la côte méditerranéenne n’ont pas abouti. Notre présence sur le domaine ne doit pas y être étrangère. La perte du colibri ne s’est pas révélée comme totalement inutile.

J’effectue de nouveau une mission avec Duncan. Mon cadet se trouve quelques sièges plus loin, lui aussi en classe affaire, restrictions budgétaires obligent.

Je me décide enfin à quitter ce siège trop étroit. Au bar, sublime représentante de sa compagnie et du pays du soleil levant, une charmante hôtesse attend esseulée derrière son comptoir. Une peau de porcelaine qui met en valeur le rouge sang de ses lèvres. Un sourire qui s’accompagne d’un léger plissement des narines. Remontant ce tendre chemin, mon regard finit sa course, noyé dans le sien.

Pris dans les rets de ses jolis yeux bridés, mon esprit dérive. Sans que je sache réellement pourquoi, un reportage me revient en mémoire. Il présentait en détail cette nouvelle génération de long-courriers. Le journaliste y insistait sur l’existence de vastes cabines-couchettes pour l’équipage. Après tant d’années de carrière, je n’ai jamais eu l’occasion de tester ce type de transports. 

mercredi 5 juillet 2017

"La baronne Vermeille", une nouvelle de SASSA



— Parlez plus bas, elle pourrait bien nous entendre.
— Allons mademoiselle Fontana, nous nous trouvons à près de 2000 mètres.
La belle Italienne qui se tient trop près de moi n’ose pas bouger. Pourtant, d’après Duncan, elle est plutôt du genre active dans l’action. Mais sans doute préfère-t-elle la douceur de la nuit à la chaleur de cette après-midi pour pratiquer un quelconque sport. À moins que Duncan ne soit parvenu à trouver quelques points sensibles auxquels je n’ai pas encore accès.
— On prétend, en ville, qu’elle est capable de noter la moindre variation dans le chant des cigales et d’en tirer toutes les conséquences.
Je me retiens de sourire quand cette jeune brune aux accents méditerranéens me glisse cela à l’oreille… mais dans ce mezza-voce je distingue une réelle inquiétude. Peut-être devrais-je la prendre plus au sérieux. Ou tout du moins, moins laisser mon esprit s’égarer pendant que mes yeux se perdent sur ses courbes avantageuses.

mercredi 28 juin 2017

"Le péril jaune", une nouvelle de SASSA



23 h 30, le garde de l’entrée ouest vient de s’effondrer sur son bureau.


Je dispose de trente minutes avant que la prochaine ronde de surveillance ne le découvre bavant, l’air béat, la joue écrasée contre le sous-main. 


Aucun risque de voir un patient ou un soignant survenir à l’improviste, cette aile de l’hôpital est réservée aux locaux administratifs. Officiellement, car en réalité elle abrite l’unité de recherche du « bon docteur », un homme bien connu pour ses liens avec les services secrets de l’Union soviétique. Un soutien fort utile qui lui a permis de faire disparaitre son dossier des archives de la Stasi lors de la chute du mur.


Hier soir, au moment de venir à bout d’une place rétive, j’ai été convoqué en urgence par le responsable du contrespionnage. Stoppé dans mon élan et abandonnant ma future conquête à sa déception, j’ai rejoint Edwin Finley, une des personnes les plus mystérieuses que j’ai rencontrée au cours de mes années au MI6. 


mercredi 14 juin 2017

"Des braises blondes", une nouvelle de SASSA



Londres s’enfonce dans une brume hivernale. 


Duncan tient fermement le volant de la Jaguar. Notre bolide vert anglais laisse rapidement derrière lui Buckingham Palace et un monde d’ectoplasmes diffus. Concentré sur le faisceau de nos phares, mon jeune collègue découpe l’ouate noire de cette nuit à la vitesse d’une couturière sous amphet. Nous nous dirigeons plein nord et l’odeur de nos terres ancestrales le motive. 


Moins de vingt minutes plus tard, Duncan range la voiture sur un parking de banlieue. Un pub écossais qu’il a découvert récemment, me glisse-t-il, l’œil brillant. 


Dans les traces de mon guide « spiritueux », je referme la porte derrière moi. L’atmosphère de la salle se révèle encore plus opaque que celle que nous venons de quitter. D’âcres fumées nous enserrent de leurs bras poisseux. Une table se dévoile soudain. Mon homme s’y laisse tomber. Un regard vers la serveuse, une Lolita mâtinée de punk, et, sans un mot échangé, une bouteille et deux verres atterrissent sur la table. Le renard des basses terres a ses habitudes dans ce terrier humide.

mercredi 7 juin 2017

"Fleur bleue", une nouvelle de SASSA



— Doit-on coucher avec toutes les femmes que l’on rencontre ? nous lance Duncan, avec un regard à la fois trouble et moqueur. 

J’aime beaucoup Duncan. Des favoris roux fournis, une carrure d’athlète, un mental d’acier et un gout immodéré pour la boisson. Un vrai Écossais ! Bien que de cinq ans mon cadet, il a appris suffisamment tôt la vie pour être de bonne compagnie.

Ce soir, nous fêtons la fin de notre période de formation à Fort Monckton. La quinzaine de gueules d’ange présentes dans le mess fixe le Strathclyde Fox, son surnom au sein de notre promotion. Nous sommes tous avides d’entendre la réponse de ce Casanova version Lowlands.  

— La question mérite d’être posée, car, ne l’oublions pas, l’homme demeure avant tout une bête de sexe. Eh oh, rêvez pas. De ces mots retenez surtout celui de bête. Chaque fois qu’on agite devant ses yeux le moindre chiffon rouge, extrêmement court ou fendu, moulant ou vaporeux — et même d’une autre couleur — il fonce tête baissée et queue dressée. Plus aucune réflexion, plus aucune inhibition. 

L’orateur balaye son auditoire avec un regard brumeux.   

— Que faire quand, comme nous, on se trouve confronté en permanence à ce risque de manipulation ? Il faut savoir élever son mental dans des sphères aussi inaccessibles à ces viles tentations que des Everest de latex le seraient pour des Etna brulants. Vous voyez l’image ?

mercredi 31 mai 2017

SASSA fait une pause dans "Bons baisers de Londres"

Eh oui cela arrive à tout le monde de se reposer. 

Lui ce fut le 7ème jour, moi c'est pour la 7ème nouvelle, alors profitez-en pour les relire et à la semaine prochaine !

Chapitre 0 : Le prologue

Chapitre 1 : La rose noire


Chapitre 2 : Le sable pourpre

Chapitre 3 : Un scots greys

Chapitre 4 : La dame blanche

Chapitre 5 : Un abricot ambré
 

 

mercredi 24 mai 2017

"Un abricot ambré", une nouvelle de SASSA



Cette nuit, je suis de permanence dans l’operation room de la base.

Un lieu de déperdition, où il n’est pas question d’y tromper l’immense ennui qui l’habite avec le moindre verre. Pas même un simple Old Fashioned, qui pourtant, pour un Écossais, tient à peine du bol de lait fermenté. Satanées têtes de lard d’Anglais qui ne veulent pas l’admettre. 

Soyons positifs, cette pièce possède certaines qualités propres. Son atmosphère filtrée à l’extrême préserve les poumons de ses occupants. Le claquement sec de ses téléscripteurs berce en douceur les oreilles fatiguées. L’éclairage froid de ses néons repose des yeux trop souvent agressés. Des qualités toutefois trop propres après cette dure journée de formation à Fort Monckton. 

mercredi 17 mai 2017

"La poudre noire", une nouvelle de SASSA



J’entre et ferme la porte derrière moi.

Le chef du Secret Royal Protection Group se tient seul dans la pièce. Debout devant la fenêtre, il me tourne le dos. Le Majordome, comme tout le monde le surnomme, regarde le jardin du palais que le givre fait briller dans ce soleil matinal.

— Déposez votre badge et votre arme sur mon bureau, Angus.

— Je connais la musique, monsieur.

— Vous ne croyez pas si bien dire, me répond-il en se retournant enfin.

Le grand escogriffe qui a organisé ma vie ces deux dernières années se dirige vers son siège et s’y assoit comme au ralenti. L’homme me dévisage avec un étrange sourire, d’autant plus étrange qu’il n’est pas coutumier du fait. 

mercredi 10 mai 2017

"La dame blanche", une nouvelle de SASSA



— Pensez-vous être celui qui arrivera à ne pas perdre la boule, Mac Alister ? me demande pince-sans-rire l’homme.

Ces dernières semaines, malédictions et imprécations se sont entrechoquées dans ma tête. Satanée Dame de fer, satanée politique budgétaire et satanés de satanés de satanés comptables des ministères. Le MI6 s’éloignait, pourtant il n’était pas question que je rejoigne mon illustre régiment. 

Mon supérieur le savait bien, lui qui tentait par tous les moyens de ne pas me voir partir dans le civil. Sa dernière offre ne manquait pas de sel : l’absence d’argent public m’ayant fermé la porte des services secrets de Sa Majesté, pourquoi ne pas bénéficier des fonds spéciaux pour entrouvrir celle d'un discret service auprès de Sa Majesté ? Sous des dehors austères, cet officier dissimulait un humour des plus retors. Pas forcément surprenant chez un Gallois, mais tout de même.