mardi 6 octobre 2020

"L'attentat", extrait de "Mémoires de #covid" de Paul Cardelli

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Voici peut-être l’affaire la plus secrète de ce mois de mars 2020.

Plus ou moins 80 ans en arrière le Duce et le Führer eurent l’occasion à plusieurs reprises de se recevoir. Des rencontres entre un Latin excessif et un fantasque Nordiste. Bizarrement aucune ne fut l’objet d’un attentat. Le plus connu des attentats de cette triste époque eut lieu à la Wolfsschanze, la tanière du loup, en présence du seul dictateur nazi.

Le lieu de l’attentat de mars 2020 pourrait aussi être qualifié de tanière, après tout n’est-ce pas la version loup de ce qu’est un nid pour un aigle. Dans notre cas, l’aigle sera de mer, celui du symbole national étasunien, celui qu’incarne le propriétaire du complexe hôtelier, le twittoPrésident.

 

Ce nid accueille donc un « Latin » excessif et un fantasque Nordiste d’un nouveau genre pour un sommet de quatre jours. Les sourires sont de rigueur, les congratulations aussi, tout cela est sans doute sincère, les deux présidents ne boxent pas dans la même catégorie. L’un se reconnaîtrait presque comme vassal de l’autre.

Le héros, qui va introduire la bombe, fait partie de leurs fidèles. Il a accès aux deux hommes et va avoir plusieurs opportunités de déclencher l’explosion de son arme biologique. Le meilleur moment est ce déjeuner dont il poste des photos sur son compte Instagram. Lui, à de nombreuses reprises, aux côtés des deux tristes sires. Un déjeuner où, comme toujours, ses cibles négligent les gestes barrières face à un virus qu’ils ne prennent pas au sérieux. Comment cette infime poussière pourrait-elle venir à bout de si grands hommes ? Et quand on crache ce « grand homme », ce n’est pas seulement de représentativité démocratique dont il est question, mais de paires de burnes, de domination des femmes, de mépris de tout ce qui ne participe pas à leur splendeur, alors imaginez ce minuscule COVID !

Mais que s’est-il donc passé ? Un long feu biologique ? Un courant d’air inopportun ? Une poignée de main pas assez serrée ? Dieu seul le sait… s’il a perdu son temps à s’attarder sur cette affaire.

L’unique chose dont on soit sûre, c’est que le porteur, le chef du service presse du président brésilien, a eu les symptômes bien avant la fin du sommet et qu’il a été testé positif à son retour à Sao Paulo. Il détenait donc la bombe entre le 7 et le 10 mars en Floride à Mar-a-lago lors de la rencontre entre le twittoPrésident et le tropicoTrump.

Si elle avait éclaté, aurait-ce changé le cours des choses ? Personne ne le saura jamais.

Cela sera quand même l’occasion d’un moment d’humiliante humilité pour les deux hommes : Le tropicoTrump devra porter pour la première fois un masque lors de son retour au Brésil, et le twittoPrésident se soumettre à un test COVID, pour la première fois lui aussi. Comme quoi le souffle du boulet de canon rend prudents même les plus orgueilleux généraux.

Une dernière chose concernant le héros. Quand les journaux découvriront, par un message de sa femme aux parents d’élèves de son école, qu’il est porteur du virus, il se déchaînera sur twitter, réfutant à grands coups de doigts sur son clavier sa contamination : « Cela n’a pas suffi à la bande de pourris de la presse de dire des absurdités sur ma religion, ma famille et mon entreprise, ils s’en prennent désormais à ma santé ». On est bien loin de ceux flamboyants des films de guerre.

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