dimanche 3 mars 2019

J - 174 L’érection de Paul


J -174

L’érection de Paul

Ce jour-là, ils décidèrent que ce serait lui.
Il se dresserait pareil au porte-glaive.
Le faiseur d’ombre, celui qui éteindrait la lumière du monde en sortant, avait plaisanté un des membres de cette triste assemblée.
Personne n’avait envie de rire. Lui, encore moins que les autres.
Était-ce un honneur d’être le bourreau ? Son esprit balançait. Bourreau ou ultime pénitent de la prophétie ? Avait-on raison ou n’était-ce qu’une immense duperie ? Une duperie de plus de 3000 ans, ce serait d’une incomparable bouffonnerie.
Aucun d’eux ne le saurait vraiment. Ses frères et sœurs partiraient peu de temps avant lui.

Il venait de l’ériger comme le dernier des Ysthophraingiens

samedi 2 mars 2019

J - 175 Fake news florentine


J - 175

Fake news florentine

- Signor Leonardo, quand je vous vois le carnet en main, je m’inquiète pour les finances des Medicis. Qu’allez-vous encore nous dessiner là ? Une nouvelle machine volante ? Un char avec toujours plus de canons ?
- Niccolò, ton manque de respect me désole. Je pourrais être ton père.
- Impossible, mon père était économe et sans la moindre imagination.
- Me traiterais-tu de vil dépensier ?
- Vil, je ne sais pas, mais pour le reste, votre réputation est faite ! Regardez cette inconnue qui nous écoute depuis sa fenêtre, si ce n’était la retenue due à votre âge, elle rirait déjà à gorge déployée.

À peine lève-t-il la tête que la femme disparait laissant juste l’image d’un sourire étrange imprimée sur sa rétine. Il cligne des yeux comme pour l’emprisonner dans un recoin de son cerveau.

- Eh, mon garçon, lance-t-il à un gamin qui joue dans la rue, sais-tu qui habite là ?
- Francesco del Giocondo, monseigneur.

Il ne la reverra jamais plus de sa vie, mais cela, tout le monde l’ignore.

vendredi 1 mars 2019

J - 176 De la méchanceté des femmes



J - 176

De la méchanceté des femmes

Il se regarde dans la glace. Il est satisfait de ce qu’il y découvre. Ses yeux se plissent sous son sourire.
Non, il ne doit pas, ça marque ses rides. Ces horribles rides que trois opérations n’ont su vaincre. Elles reviennent sans cesse et chaque fois plus vite. Il doit apprendre à ne plus sourire ainsi, comme il a appris à rentrer ce ventre toujours plus proéminent.
Il se regarde dans la glace. Il sourit de ses dents blanches, éclatantes et si couteuses. Il est beau.
C’est même l’archétype du vieux beau, rigolent entre elles toutes celles qu’il essaie chaque jour sans vergogne ni retenu de draguer au bar de son club de sport.

Portraits volés de la fin du monde