Nous l’évitons à l’ultime
seconde par la droite pendant que la police décide de prendre à gauche. Je
crains qu’ils regrettent ce choix à l’issue de leur dépassement.
Usant de toute la
puissance du freinage de notre carrosse, nous abandonnons une grande partie de
la gomme de nos quatre pneus sur le goudron. Si dans cette somptueuse
décapotable, les chevaux se montrent élégamment discrets, les disques sont
diablement efficaces et nous projettent contre nos ceintures. Au dernier
instant, relâchant le tout, Duncan joue du frein à main pour nous placer
perpendiculairement à la route. À l’ultime seconde, écrasant l’accélérateur, il
nous envoie du bon côté du rail. Enfin pas exactement, car un engin de deux
tonnes ne réagit pas comme une Lamborghini de sept-cents kilos. Alors seul le
sacrifice du parechoc arrière nous sauve et nous remet dans la trajectoire
souhaitée. Le prince à qui nous avons emprunté la Rolls ne va pas être content —
franchement pas content.


