Londres, premier samedi du mois d’avril 2017.
Quelque part dans les sous-sols de Vauxhall Cross, siège des services secrets
de Sa Majesté.
De minuscules spots diffusent des cônes d’une
lumière agressive dans ce lieu obscur. Une vaste salle de briefing à la grande
table en bois foncé sur laquelle des sous-mains sombres font face à des sièges
profonds en cuir noir.
Trop profond, se dit le représentant du
Premier ministre en essayant de trouver une position qui ne le fait pas
disparaitre sous la table.
Des micros se dressent en direction de chaque
participant. D’inutiles serpents métalliques, la visioconférence est éteinte et
les personnes présentes ne sont que cinq, quatre hommes portant costume strict
et cravate sobre et un militaire dans un uniforme impeccable.
Assis, ils attendent que le ministre de la
Défense prenne la parole. Quelques années en arrière, la pièce aurait été
enfumée, mais aujourd’hui celle-ci est exempte de toutes traces de nicotine...
et de toutes ondes radio aussi, les smartphones, même ceux ultrasécurisés de
ces importants personnages, sont restés derrière la porte. Cette entrevue est
classée au niveau le plus élevé du secret défense.
D’un geste lent, le ministre écarte le micro
qui le gêne et après un toussotement rauque, il s’adresse à son auditoire.
Quelques mots convenus de bienvenue, simples formes d’une politesse routinière,
chacun de ces hommes, ou presque, connait ses voisins. Après cette introduction
d’usage et une courte respiration, l’homme rentre dans le vif du sujet.